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Patrimoine Tourisme
Histoire
Histoire - Part I
Document très aimablement mis à la disposition du site de La Farlède par Monsieur Coustillière. Qu'il en soit très sincèrement remercié, car cet ouvrage a permis de compléter l'historique du site Internet et de citer plusieurs personnes qui ont contribué à l'élaboration de l'historique du village. L'origine des noms des monts et des collines et Les Réflexions d'Émile, enfant de chœur ont été rédigées par M. Gensollen.
Sommaire de l'historique
1 - Naissance d'une commune
2 - Le terroir
3 - L'historique
4 - Quelques noms
5 - La paroisse
6 - Activités de la commune
7 - Us et coutumes
1- Naissance d'une commune
Le 15 Messidor AN VII (04 juillet 1799), le directoire exécutif, par décision signée "Syeyes", crée quatre nouvelles communes :
- Sollies-Ville
- Sollies-Pont
- Sollies-Toucas
- Sollies-Farlède
Jusqu'à cette date, La Farlède était un hameau situé sur le domaine de la Seigneurie de Sollies, (aujourd'hui appelée Sollies-Ville). Son histoire se confondait donc avec celle, combien prestigieuse, de la "ville-haute", et de la grande famille qui y résidait: les Forbin.
A partir de 1799, la nouvelle commune acquiert son indépendance, et peut se prévaloir d'une histoire originale.
Il paraît cependant intéressant de revenir un peu en arrière, avant cette date importante du 4 juillet 1799, et de se pencher sur les origines du peuplement de cette région, puis sur celles de son nom.
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"Il y a de grandes vues partout, j'en ai beaucoup cherchées et beaucoup vues. Mais je n'ai rien trouvé d'aussi beau que la dentelure gracieuse et puissante de la France maritime vue du Coudon. On pourrait appeler ce promontoire le "Tenare français". Georges Sand
1.1- Les origines du peuplement
Les outils et fragments de lances en pierre taillée qui furent découverts lors de la construction du lotissement des Fournier, conduisent à penser que l'actuel territoire de la commune connut, très tôt, un peuplement humain.
Il est vrai que la présence proche du Coudon, avec ses grottes et ses sources, offrait, aux premiers habitants de cette région, un abri appréciable contre les agressions des animaux sauvages, des autres hommes, ou bien encore, du climat.
Ils furent suivis des Ligures, ainsi qu'en témoignent les restes d'un oppidum, véritable petit camp retranché, qui fut découvert au-dessus de Sollies-Ville.
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"Le Déffends", emplacement de l'oppidum celto-ligure photo novembre 1967
L'occupation romaine s'appliqua à toute la Provence. La Farlède n'en conserve aucun souvenir spectaculaire: seules quelques sépultures caractéristiques, faites de grandes tuiles plates, découvertes lors de la construction de la mairie, de l'église, et de la voie ferrée, sont venues témoigner du passage des Romains. Des pièces de monnaie et une médaille frappée à l'éffigie de Galba, successeur de Néron, furent mises à jour plus tard. Enfin, une urne funéraire et une médaille représentant l'empereur Claude, découvertes dans le sud-est de La Farlède, vinrent confirmer cette antique occupation, qui ne laissa donc aucun monument remarquable.
Après l'administration de l'Empire Romain, vint le temps des invasions. De cette époque, date le goût des Provençaux pour les villages perchés dans lesquels ils trouvaient refuge après avoir cultivé l'olivier et le blé, sur les restanques qui flanquaient les collines. Sollies prit de l'importance. Le village était un abri sûr contre les envahisseurs. En effet, au IV ème et V ème siècle, ce sont les Germains qui traversent la Gaule, et pénètrent au-delà des Pyrénées. Au VIII ème siècle, les musulmans attaquent la Provence. Au IX ème et X ème siècles, les Sarrazins dominent une grande partie de la région. Ces derniers, bien que repoussés à la mer en 990, lanceront régulièrement des raids contre les villages côtiers jusqu'au XII ème siècle (Toulon 1197).
Entre ces grandes périodes d'invasions, le pays n'est pas beaucoup plus sûr. Les guerres sont nombreuses: guerres de successions, de seigneurs, de religions, etc...
Castille, Navarre et Partégal ...
A l'époque des invasions, les paysans préféraient cultiver au plus près de leurs villages perchés pour pouvoir y trouver refuge le cas échéant.
Ils s'attachèrent donc à exploiter les plus petites parcelles de terre des collines et des montagnes sur lesquelles leurs villages étaient édifiés. Pour cela ils durent lutter contre le ravinement des eaux de pluis tout en ménageant des surfaces les plus planes possibles. Ils construisirent des restanques.
Les restanques étaient constituées de murets de pierres qui retenaient la terre. Sur la parcelle cultivable on trouvait souvent un cabanon destiné à abriter un âne ou un mulet et une citerne permettant de recueillir l'eau de pluie.
Avant le soir les paysans redescendaient vers le village.
La construction des restanques en Provence nécessitait des bras. Au même moment, des populations, venant souvent de la péninsule ibérique, fuyaient devant les envahisseurs. Elles trouvèrent dans la construction des restanques l'emploi néscessaire à leur survie et à leur implantation dans la région.
C'est à cette immigration qu'est sans doute due l'origine des noms de certains lieux-dits: Castille, Partégal ou Navarre. On peut imaginer que ces nouveaux brassiers venus d'Espagne ou du Portugal se regroupèrent dans des sites proches des chantiers sans toutefois avoir la possibilité de s'installer dans les villages eux-mêmes.
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"Le chemin du milieu", au "Partégal" photo 1981. "Partégal" désignait le lieu où vivaient les ouvriers immigrés, venant du Portugal, pour participer à la construction des restanques.
1.2- Du XII° siècle à 1799
Du XI ème au XV ème siècle, le petit domaine de Sollies est l'objet de nombreux changements de "propriétaires" dans lesquels les habitants se sont efforcés de faire valoir leurs préférences et leurs choix.
Au XI ème siècle, le territoire de Sollies appartient en indivis aux comtes de Marseille, de Provence et à divers particuliers. Les comtes de Marseille cèdent l'ensemble de leurs parts à l'abbaye de Saint Victor entre 1038 et 1044. Cependant l'ensemble sera propriété des comtes de Provence et de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem en 1202.
En 1385, les habitants, profitant de la mort de la reine Jeanne, se rebellent. La reine Marie, mère et tutrice de Louis II cède aux révoltés et interdit aux officiers de la Vigerie de Hyères d'importuner les habitants de Sollies. La reine finit par vendre ses droits sur Sollies au gouverneur militaire de Toulon, Jean Gonsalve de Morance. Aussitôt les habitants s'opposent au bailli représentant le gouverneur au point que celui-ci cède ses droits aux comtes de Provence pour la plus grande satisfaction des habitants de Sollies. Malheureusement le domaine revient par succession à Louis de Beauvau, fils du grand sénéchal de Provence, et c'est de nouveau la consternation et la rebellion. En 1467, devant tant d'obstination, le territoire est cédé à Palamède de Forbin, président de la cour des comptes d'Aix.
Au XV ème siècle, la Provence jouit d'une paix intérieure toute relative qui incite les habitants de Sollies à étendre leurs activités de cultivateurs vers la plaine en abandonnant les parcelles en restanque plus difficiles à exploiter.
Les paysans commencèrent par cultiver la terre dans la plaine toute la journée, puis le soir venu remontaient à Sollies pour rentrer chez eux. Ces déplacements n'étaient pas très pratiques et surtout engendraient pertes de temps et fatigues.
Quelques cabanons furent tout d'abord bâtis pour y ranger les outils le soir avant de faire route vers le village. Puis ils furent aménager pour passer la nuit sur le lieu de travail quand la saison le permettait ou que les travaux des champs étaient trop pressant. La tentation vint doucement ensuite d'établir l'ensemble de la famille dans la plaine.
C'est ainsi que commença le peuplement du futur site de Sollies-Farlède. Il fut suivi, au début du XVI ème, par Sollies-Pont, et enfin par Sollies-Toucas.
Le développement de ces villages de plaine ne se fait pas sans heurt:
Le 8 septembre 1651, le Gapeau, qui descend depuis SIGNES au fond d'une vallée encaissée où il traverse Sollies-Toucas avant d'atteindre Sollies-Pont, déborde, et inonde la vallée. Ces crues, provoquées par des pluies diluviennes, sont fréquentes en Provence et toujours dévastatrices tant pour les cultures que pour les constructions. Les dégats matériels sont importants, et il y a plusieurs dizaines de morts.
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Le Gapeau venant de Signes traverse les comunes des Sollies avant de se jeter dans la mer en Rade d'Hyéres près de Port Pothuau. Ses crues ont souvent été à l'origine de nombreux dégats dans la plaine de Sollies-Pont.
Aux fléaux naturels s'ajoutent les épidémies.
La peste frappe à plusieurs reprises la région sans toujours épargner ces petits villages pourtant éloignés des zones de fortes densités de population et de grands brassages humains:
- 1640, l'épidémie dure 3 à 4 mois,
- 1665, une nouvelle épidémie s'étend, le village semble épargné, bien que le hameau des Fournier ait dû être désinfecté,
- 1720, de nouveau le fléau frappe la Provence. Il est plus meurtrier encore: 40.000 victimes à Marseille, 14.000 à Toulon mais seulement 2 dans la commune de Sollies. En effet, de très strictes mesures avaient été prises et maintenues entre 1720 et 1722.
Durant toute cette période, les hameaux de La Farlède n'en continuent pas moins de se développer, le long des anciens chemins gallo-romains, en s'efforçant de se tenir à l'écart des crues du Gapeau. Ce sont les "Grand", les Fournier, les "Guiol", et les "Maunier".
En 1751, La Farlède voit construire son église et en 1766 un recensement fait état de 793 "âmes" au village, en 1766.
LA PESTE DANS LA COMMUNE DE SOLLIES EN 1720
Les épidémies de peste pouvaient faire des ravages à cette époque. Lorsque les premiers cas étaient découverts il importait d'isoler la maladie en interdisant tout contact avec les personnes contaminées, en évacuant les cadavres et en les détruisant pour éviter la transmission de la maladie par le vecteur des animaux domestiques ou des rongeurs.
Pour ne pas avoir respecté convenablement ces précautions des villes comme Marseille et Toulon ont connu des épidémies catastrophiques.
La peste est donc redoutée. En 1720, dès que les premièrs cas de maladies à Toulon sont connus à Solliès, des mesures sévères sont prises. Des équipes de surveillance sont mises en place: 3 équipes au bourg, 2 autres à la Haute-Ville, 2 encore au Toucas, et enfin 2 à La Farlède.
Dans le même temps, les approvisionnements sont stockés, et une stricte quarantaine est établie. Elle est respectée grâce à des barrages surveillés par des équipes de guet. Les personnes obligées de prendre contact avec les habitants reçoivent des "billets de santé".
Les passants et les convois sont encadrés par de véritables cordons sanitaires..
C'est grâce à ces dispositions extrêmement contraignantes que la commune fut pratiquement préservée du fléau. Seuls une jeune fille des "Sauvans", et le sieur Rose, au Toucas furent atteints.
1.3- Origine des noms
Frédéric Mistral, dans son " grand dictionnaire ", nous propose une étymologie du nom La Farlède, en effet on peut y lire:
" LA FARLEDE, près HYERES, VAR, de la farléto radical "ferla", du latin "ferula", qui donna "férula communis de linné", qui n'est rien d'autre que le nom savant du gros fenouil...
Ce fenouil, dont la tige ou "férule"peut atteindre 2 mètres de haut, est très commun dans la région ".
Cette étymologie est contestée.
En effet, selon certains, elle remonterait plutôt à l'occupation romaine.
Le hameau était situé le long de la voie Aurélienne, qui joignait TELO MARTIUS (TOULON), à FORUM VOCONU (VIDAUBAN), et les Romains avaient l'habitude de changer le nom des sites et des villages qui se trouvaient le long des voies de communication.
Le nom de "La Farlède" viendrait alors de la juxtaposition de FAR (le blé), et de LEDA (que l'on peut rapprocher du mot gascon des LANDES). Il signifierait, alors, la "terre a blé".
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Il est fort difficile de trancher entre ces deux propositions, aussi séduisante l'une que l'autre tant elles sont également liées aux particularismes du terroir.
1.4- Origine des noms des monts et des collines
Il faut savoir qu’en provençal on ne met jamais d’article devant les noms de collines ou de rivières. Par exemple, on dira : « Vau cassa à Coudoun, anarai pesca à Gapèu » : « je vais chasser à Coudon, j’irai pêcher à Gapeau ».
Si vous demandez à quelqu’un d’ici d’où vient le nom Coudon (pr. Coudoun), on vous dira à peu près : « Parce qu’il ressemble à un coing ! » (un coudoun, en provençal). Eh ! bien, il n’aura peut-être pas tort comme vous allez le voir.
1°) Pour les uns, le nom serait un dérivé du latin cos (au nominatif), cotis (au génitif) : “montagne de pierres, rocher ”, qui a donné aussi bien les mots provençaux : code, còdou, coudoulet “pierre, galet”, La Coudouliero (La coudoulière) “plage de galets” près de Six-Fours etc….
2°) Pour les autres, les galères des Phéniciens prenaient des repères sur la côte pour s’orienter. Ils auraient ainsi baptisé Faron (Faroun, le phare), endroit où l’on fait des signaux de feu ou de fumée afin que les galères sachent où elles se trouvent), du grec Pharos, île voisine d’Alexandrie où était édifié le phare que vous savez, la septième merveille du monde.
Ils auraient de même baptisé Coudon. Pour les Grecs, le coing était nommé kudonia mêla, “fruit de Cydonia”, (ville de Crète). Qui sait ?...
Pierrascas Le premier élément pie-, vient du latin podium (sommet) qui a donné depuis la nuit des temps) : poch, puoch, puech, pui (Puy de Dôme), pue (il y a un Pue-Rascas dans lou Gard, près d’Anduze), pie, pei (Peyloubier, près de Vidauban, « où il y avait des loups ») et Puget, ville perchée. Le second élément, -rascas (ou rascous) qui dans un premier sens a la valeur de
« teigneux » (si dis : l’aiòli m’agrado talamen que lou manjariéu sus la tèsto d’un rascous !) ou
« avare », et dans un segond un endroit rocheux où la végétation est rare, mauvaise. En effet Pierrascas es couvert de roches de grès rougeâtre.
Redounèu (Redonnel) vient de redoun (rond), c’est une colline de forme arrondie.
Lei Tourracho (Les Tourraches, mauvaises tours) est un péjoratif du provençal tourre. Il devait y exister une grande et une petite tour, peut-être des pigeonniers en ruines. A Fréjus on trouve une rue de la Tourrache.
Lei Gacho vient du provençal gacha, agacha, gaita qui signifie “faire le guet” et qui a donné les noms de famille : Lagacho, Lagaite, Gaite, Gayte, Gueit (le guetteur). C’était l’endroit un peu surélevé, pas loin du vilage, d’où l’on pouvait surveiller la plaine, essentiellement du côté de la mer, pour le cas où des bandes de barbares prédateurs ou de brigands de tout poil se présenteraient pour piller le village. Près de Fréjus il y a l’Agachoun, l’Agacholo entre Bagnols et Roquebrune.
Lou Baus rouge est en français « la falaise rouge », on y remarque des bandes rougeâtres dues à de l’oxyde de fer. Près d’Ollioules se trouve lou Baus de Quatre Auro (la falaise des quatre vents) dont le nom a été malheureusement estropié en Baus de quatre ouro, « falaise de quatre heures » et même, récemment, par un journaliste inspiré, en « Baus des quatre Aurès »!
Sommaire de l'historique
1 - Naissance d'une commune
2 - Le terroir
3 - L'historique
4 - Quelques noms
5 - La paroisse
6 - Activités de la commune
7 - Us et coutumes



